Aether asbl

La Magie et la divination

chez les Chaldéo-Assyriens

 

Auteur: Laurent A.

Le livre en PDF: La magie et la divination...

Extrait de l'ouvrage:

 

Toute étude sur la magie doit forcément se scinder en deux grandes divisions: l'une traitant de la magie blanche ou défensive, l'autre de la magie noire ou agressive. Mais, avant d'aborder la première de ces divisions, la nature même du système magique mésopotamien nous oblige à dire quelques mots de la religion des peuples qui l'ont mis en pratique.

La religion primitive, celle de la couché ethnique la plus ancienne de la Chaldée, était plutôt une crainte des forces physiques qu'une religion proprement dite. Pas de système métaphysique à cette époque ; tout au plus un essai d'ordination, de hiérarchie, suscité par la différence d'intensité que ces populations primitives avaient remarquée dans les effets des diverses forces physiques. Bien que cet état primitif ne soit, à notre connaissance, exclusivement établi par aucun texte jusqu'à ce jour, il résulte cependant à l'évidence pour nous du simple raisonnement et de la déduction logique qui s'impose à l'esprit de quiconque étudie les religions révélées parles textes cunéiformes. Ce qui domine, en effet, dans les textes religieux accadiensde l'époque la plus reculée qui flous soit connue, c'est la crainte immense qu'on avait des Esprits (forces physiques) et de leurs manifestations malfaisantes.

« La religion d'alors n'était évidemment qu'un schamamisme grossier, semblable à celui que pratiquèrent les peuples turcs avant d'em- ' brasser l'islam. » (Hommel : Geschichte Babyloniens utid Assyriens).

Lorsque la religion primitive des Esprits fut coordonnée à l'état de système, elle se présenta, encore chaotique pour ainsi parler, sous la forme suivante : un nombre assez restreint de dieux et de déesses de premier rang, auxquels on donna, d'ailleurs, une multitude de noms et les attributions les plus diverses j à côté de ces dieux et de ces déesses, une foule d'Esprits ou divinités inférieures.

L'extériorité du culte ne consistait que dans dès cérémonies de conjurations dirigées contre les influences de toute nature des démons et des esprits inférieurs (Igigi, Anunnaki- 1, Namtar, etc..) Toute une série de tels.mauvais esprits est énumérée dans les plus vieilles formules magiques accadiennes, et leurs influences nuisibles sur les hommes sont exposées et décrites de toutes les manières. Ordinairement, ils se présentent en groupes de sept et viennent du désert', ou de l'intérieur de la Terre et de la profondeur des eaux, ou enfin des vastes régions de l'atmosphère. Une incantation bilingue nous montrera d'ailleurs l'idée qu'on s'en faisait*

« Incantation ! Sept ! Eux, [ils sont] sept ! et ils ne [sont] pas femelles,, ils ne [sont] pas mâles, ils ne grandissent pas, ils n'ont pas pris d'épouses, ils n'enfantent pas de fils ; la crainte, la force, ils ne les connaissent pas ; l'offrande ni la supplication, ils ne les entendent pas ; comme le cheval, qui [est] dans la montagne, ils sont grands. DeEn-ki (E'a) ils sont les ennemis ; les révoltés contre les Dieux, ce sont eux ! Ils s'établissent en ennemis dans le chemin et détruisent par leur sifflement ! Sept ! Ils sont sept 1 et encore deux fois sept ! Esprit du Ciel, conjure-les ! Esprit de la Terre, conjure- les ! Conjuration de ces mauvais génies : Esprit de Rammânu, roi de la bonne parole, conjure-les l Esprit du Soleil, roi du jugement, conjure-les ? Esprit des Anunnas, dieux très grands, conjure-les ! Conjuration de ces mauvais génies. » (W.A.I., IV, 2)